Sac de Nœuds….. les Lignes ….

 

Même si vous avez le super cerf-volant au top de la technologie capable de faire les tricks les plus incroyables, même si vous êtes le champion du monde de votre quartier, votre C.V. n'est qu'une enclume incontrôlable s'il est équipé de cordes à linge en guise de lignes.

Chaque type de c.v., chaque style de pilotage demande des lignes spécifiques en longueur, résistance et capacité d'étirement. L'info au niveau des lignes étant en général un beau sac de noeud, faisons donc un peu de tri.


Il existe des quantités de matériaux et autant de type de tressage.

Les deux grandes familles de matériaux sont le naturel (coton, soie, chanvre, etc...) ou le synthétique. Les "naturels" sont destinés à certains cerfs-volants traditionnels ou artisanaux. Les "synthétiques" équipent plutôt les cerfs-volants modernes, de sport ou à forte traction. Intéressons nous plus particulièrement aux lignes synthétiques.


- Le polyamide ou Nylon est très élastique, environ 30 %, lourd, sujet aux vrilles, peu solide mais peu chère. A éviter même sur des cerf-volant bas de gamme sauf sur les statiques à forte traction ( + de 200 kg) car à résistance égale le polyamide est 20 % moins lourd que le polyester


- Le polyester de type standard, tressé large ou torsadé avec 2 ou 3 brins de faible diamètre donc de faible résistance, a les mêmes performances, si l'on peut dire, que le Nylon. Tressé avec un plus grand nombre de brins de plus fort diamètre, il est recommandé pour les pilotables bas de gamme et pour les statiques. Son étirement est important, de 18 à 20 %. Cet étirement est un avantage car il permet l'absorption des rafales et des à coup que donne les statiques et en améliore la stabilité. Revers de la médaille, pour obtenir de forte résistance, on est obligé d'utiliser des lignes de gros diamètre donc plus lourdes et dans ce cas là on repasse au polyamide. Les principales marques de polyester sont le Dacron produit par Dupont De Nemours, le Trévira de Hoechst et le Tergal de Rhone-Poulenc


- Les aramides ou Kevlar, sont à proscrire absolument. Même si leurs qualités de résistance et étirement toutes relatives en font des lignes suffisamment performantes, très utilisées au début de l'ère moderne du cerf-volant pilotable. Elles accumulent de graves défauts. De prix élevé, elles vieillissent très mal aux ultraviolets. Leur pouvoir abrasif est énorme. Elles coupent tout et leur usage en est dangereux. De plus, elles se coupent elles-mêmes, ce qui interdit les noeuds même gainés. C'est un bon moyen de casser, de perdre du matériel, et de se faire des ennemis sur les terrains.


- Les polyéthylènes vont faire l'objet de la plus grande partie de cet article

. En effet, c'est la matière la plus adaptée à la pratique du cerf-volant acrobatique


Polyéthylène mon Amour

Première mise au point : Le Dyneema et le Spectra sont les uniques marques de fils de polyéthylène haute ténacité (PEHT, pour les intimes...) dit polyéthylènes à structure modifiée. Le Top Line, le HQ Lines, le Freelines, le Blue-Line, etc... sont tous des polyéthylènes PEHT fabriqués à partir de Dyneema ( Europe) ou de Spectra ( U.S) Tous ces fils sont nés d'une même réaction chimique qui donne une molécule aux propriétés particulières. La principale, c'est être très amoureuse de ses congénères auxquelles elle s'accroche fermement pour former une fibre ou brin, très lisse dont les dimensions se mesurent en décitex. Le décitex correspond au poids en gramme de 10 000 mètres de fibres. Les tailles de fibres les plus utilisées sont 220, 440, 880 et 1760 décitex. Ex : 880 g = 10000 m de fibre...


A savoir que plus le brin est fin, plus il est cher, jusqu'à 10 000 F le kilo !

 

 

Une fois sélectionné le type de brin, on passe au tressage. Il en existe deux type, le plein et le perlé. Sans rentrer dans les détails, le plus courant est le tressage plein. Exemple d'inepties entendues sur les terrains de la part de cervolistes :" je ne prends pas des lignes X, elles sont tressées trop plates ou trop carrées". Foutaise ! Tous les tressages sont ronds ou presque ronds. Si les lignes sont plates ou carrées à l'achat, c'est bien souvent due au stockage sur bobine. Dès les premières utilisations, les ligne s'étirent et reprennent leur forme normale, ronde. La première opération dans la construction d'une lignes consiste à bobiner le fil sur des canettes ( rien à voir avec la bière qui, elle se met dans le tresseur ! ). Ces petites bobines sont ensuite disposées sur les fuseaux de la tresseuse (et il n'est pas question des jambes de la femme du tresseur). En essayant de faire simple, sur une tresseuse, la moitié des fuseaux tournent dans un sens et l'autre moitié dans le sens contraire. Ils sont guidés de manière à se croiser dans un mouvement alternatif et rotatif ( on dit que c'est un fuseau "valseur" !). Les brins sont tirés vers le haut et se croisent au point de tressage où se forme la maille. En faisant varier la vitesse de tirage des brins, on jouera sur la densité du maillage. De manière générale, plus la production est lente, plus une tresse est serrée (nombre de maille plus important au centimètre), plus elle est lisse et agréable au touché. En revanche, sa résistance est moindre que celle d'une tresse peu serrée. Bon on ne va pas rentrer dans la technique car ami lecteur, si tu as survécu à toutes ces explications, et que tu n'as pas trop mal à la tête, tu es en droit de te demander pourquoi ne pas préférer une tresse avec un maillage plus grand (qui sera donc plus résistant et plus rapide à fabriquer, donc moins cher). Malheureusement, deux inconvénients viennent contrebalancer cet argument génial : la ligne sera alors très peu résistante à l'abrasion et perdra toute rigidité. A l'instar des brins qui peuvent avoir différentes grosseurs, il existe des tresseuses avec des nombres de fuseaux différents. Pour la fabrication des lignes cerf-volant, on utilise des machines avec 8,12 ou 16 fuseaux. En jonglant avec la grosseur des brins et le nombres de fuseaux, on obtient des lignes de résistances différentes. Economiquement, il est plus intéressant d'utiliser des brins plus gros avec un nombre de fuseaux moindre.


Techniquement, il est préférable d'utiliser des brins plus fins sur un plus grands nombres de fuseaux ce qui donne une ligne plus rigide et plus "fine". Le cervoliste désire posséder un produit ayant le meilleur rapport qualité/prix, le fabricant ,lui, doit trouver le meilleur compromis idéal entre finesse et prix. Le tressage est une étape importante mais le coût de final du produit est l'élément déterminant. L'élasticité d'une ligne est due à la fois au tressage et à la matière elle-même. D'où l'importance d'étirer les lignes avant usage de façon à serrer les noeuds du tressage, même sur des lignes vendues préétirées.


On peut aussi tresser autour d'une fibre de fort diamètre, des brins très fins qui vont former une sorte de gaine. Le brin central étant là pour diminuer l'élasticité due au tressage. Mais c'est là une technique onéreuse.


Sous les galets, la bouloche...

D'autre part, dans certaines lignes, vous pouvez constater des petites boules, petites excroissances de matière. Celles-ci proviennent du frottement des fibres sur les divers galets de guidage de la tresseuses. La fibre glisse sur les galets et s'use. Un dépôt de matière se forme au niveau du galet. Quand ce dépôt devient trop important, celui-ci se détache et emporté par les fibres, il se retrouve coincé dans le tressage. Surtout ne pas chercher à les enlever.

Cela crée un point de faiblesse sur la ligne. Si le tresseur est sérieux, il va employer une personne pour surveiller  régulièrement le tressage, nettoyer les galets et contrôler le réglage des machines. Mais cette personne a un coût se reportant sur le prix final que certains tresseurs préfèrent éviter au détriment de la qualité du produit. Pour diminuer le coût on peut aussi accélérer la machine, mettre moins de brin mais plus gros mais la ligne obtenue sera moins lisse ( voir plus haut). Pour tresser du 50 kg de qualité, il faut environ 45 minutes pour 30 m et pour du bridage 90 Kg, compter 13 m à l'heure !


A ce point là , se repose la question : quelle lignes utiliser ? Des lignes très fines, tressées serrées, très lisses, sans défaut mais très chères ? Il faut savoir que n'importe quel jeu de lignes de bas ou haut gamme s'use plus ou moins rapidement en utilisation intensive (entre 6 mois et 1 an). Je croix qu'un juste milieu est à trouver. Il faut bien définir l'utilisation de vos lignes. Vous ne volerez pas mieux parce que vous avez les lignes les plus chères et que le champion du monde vole avec. Mais vous serez handicapé par des lignes de mauvaises qualité ou pas adaptées. A vous de calculer le meilleur rapport qualité-prix-utilisation.


Adjuvant divers et variés

L'induction est l'opération qui consiste à enduire le fil de lubrifiant, silicone ou Téflon. Elle peut intervenir sur le brin avant ou après tressage en une ou plusieurs couches ou bains. On peut aussi rajouter des additifs comme de la couleur malgré que le polyéthylène soit hydrofuge. Théoriquement, on ne peut pas le teindre et il est insensible à la plupart des produit chimiques. Mais un procédé est utilisé par la Freeline et consiste à passer la ligne après tressage dans des bains de couleur (la trempette!) et de Téflon. Ca fonctionne très bien, merci. De ce fait la durée de vie de ces lignes est plus importante car c'est le revêtement extérieur qui s'usent en premier protégeant ainsi les brins. Et comme ce revêtement coloré contient du Téflon, la lubrification de la ligne est permanente. On peut aussi mettre un peu de couleur en ajoutant dans la tresse en polyéthylène, un fil de polyester plus facile à colorer et moins chère. Il existe un polyéthylène coloré dans la masse mais il est rare et pas donné.


Entrez dans la résistance

Les résistances les plus communes sont : 5, 10, 25, 35, 45 ou 50 ( suivant les marques), 70, 90 ou 100 (idem), 135 et 200 kg. Chaque type de cerf-volant et chaque style de vol nécessitent des lignes particulières. Seul votre revendeur local peut (doit) vous aider à choisir les lignes les mieux adaptées à votre cerf-volant et à votre type de pilotage. Méfiez vous tout de même de ceux qui chercheront à vous vendre systématiquement les lignes les plus chères ou qui pratiquent le cerf-volant uniquement sur catalogue... La base est d'avoir deux jeux de 50 ou 70 Kg standard mais de bonne qualité et en longueur différente.


Puis de bâtir autour, un parc de lignes adaptées au contenu de votre housse et à votre style de vol. Il est recommandé de gainer les lignes aux extrémités sauf sur les "Indoor" car un noeud diminue la résistance de 40 à 60 %. Utiliser de la gaine polyester tubulaire. Ainsi gainé vos lignes retrouverons une résistance de plus de 90% au niveau des noeuds. Ranger vos lignes sur plaques en utilisant la technique du bobinage en "huit" (8) pour éviter les vrilles qui les affaiblissent et les rendent élastiques. Laver vos lignes de temps en temps, avec de l'eau et du savon PH neutre, surtout après utilisation en bord de mer ou par temps de pluie. Il faudra ensuite les pulvériser avec des produits à base de Téflon ou Silicone, mais faites un essai sur une "chute" pour éviter toute réaction intempestive et destructrice.


Ne négliger pas vos lignes, c'est la transmission essentielle entre le cerf-volant et vous. Ne gâcher pas votre plaisir à cause de ficelles pas si banales que ça...

Pour plus d'infos sur les lignes voir aussi la polysaga sur : www.miztral.fr.fm

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