Entretien avec Michel MARTIN en Mars 2001, chez lui à Mougins

Par Luis CARDOSO (cv club vend’azur 06)

Une retraite Eollienne……………

Pour Eolem@g: Bonjour Michel, êtes-vous né un CV à la main ?

Michel Martin : Et non ! J’avais déjà vu aux Etats-Unis des cerfs-volants avant de pratiquer. C’est mon fils qui m’a offert un CV pilotable « Le Voltigeur » de Paimpol.

Costaud, parce que pour eux… (NDLR : en Bretagne, ça souffle fort paraît-il). Du coup, j’ai essayé de le faire voler 25 ou 30 fois au grand pré (encore une NDLR : spot invollable situé à Mougins 06) alors encore plus difficile. Finalement, je suis allé à Lacanau et là ça à commencé. Mais je ne savais pas piloter, au début, c’était terrible, je croisais les fils. Il a pris des pets mais il est toujours en vie. C’est comme ça que je suis venu au CV.

michel-martin
masque

PEM : Alors ensuite vous êtes passé au monofil …

MM : J’ai encore fait du pilotable pendant longtemps, j’ai même été 8ème au championnat de France dans les premières années à Berck en novice. Pascal Huron, Pierre Marzin étaient déjà là en semi-professionnels je crois. Mais c’est la seule compétition que j’ai disputé. Par ici, il n’y avait rien. Après je me suis amusé avec ce CV sans plus. Le monofil, j’y suis venu alors rapidement. C’est Berck qui m’a ouvert les yeux. J’ai pu prendre des renseignements, les Simonet commençaient à ce moment là, il y avait du bambou, du scotch, trois fois rien alors je me suis dit : Je vais essayer moi aussi.

PEM : Vous faites voler en grande partie des monofils aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous plait en eux ?L’esthétique, la fabrication, le plaisir de les faire voler, …

MM : C’est un ensemble, le design (à voix basse) souvent je copie, le plaisir d’essayer. Au premier vol, ça prend le cœur : ça vole ou ça ne vole pas et c’est un plaisir immense quand on y arrive. Aussi, le plaisir d’un beau CV, sans orgueil, hein ! Et le plaisir d’être avec les copains. C’est un ensemble le CV.

PEM : Comment procédez-vous pour vos créations ? Y a-t-il un long parcours ?

MM : Je regarde, je cherche des idées tout le temps. J’essaye mais je ne découvre pas grand chose. J’ai fait pareil avec les vitraux. Il faut dire que je suis allé de la façon la plus facile. J’ai fait beaucoup de musées. Je regarde et je pense CV. Je peux voir la Joconde, du Picasso ou du Matisse et je dit : Tiens, ça ferait un beau CV.

PEM :Alors les inspirations, cela vient au jour le jour. Il y a des thèmes ?

MM : Oui, mais ça prends du temps les thèmes. Ca, c’est un gamin qui l’a dessiné, j’ai demandé la permission. Il y avait un concours pour les gamins au festival d’images sous marines d’Antibes. Il a été pris par Paul Ricard, ils en ont fait un peu leur logo. J’ai vu ce dessin et j’ai pensé : c’est magnifique … sans penser qu’il y avait des difficultés pour le faire voler, comme beaucoup de mes CV qui sont un peu rond.

PEM : Vous n’êtes pas attiré par les structures complexes ?

MM : Non, j’ai essayé mais je coup mal. Ils sont fait pour voler, pas de purisme, mais j’aime qu’ils soient bien construit, qu’ils volent un certain temps en résistant au vent.

 

monofils

ballon

PEM : Les CV sont un moyen d’expression, ils vous servent à faire passer des messages ?

MM : Ca non, mais l’idée m’est venue…

PEM : Je pensai à la tête de J….n !

MM : Euh, là un peu, peut-être. Je l’ai vu sur Le Point, et j’en ai fait un CV pour le dessin. Là c’est une idée à moi.

PEM : Vous avez des préférés parmi votre flotte ?

MM : Les codys, les Boxs… aucun de ma conception mais je cherche. Enfin ,je me suis retrouvé dans le CV par hasard. J’ai rencontré des grands Messieurs du CV et… des plus petits…

PEM : Au bon endroit, au bon moment ?

MM : Oui, parfois ça arrive heureusement. Par hasard, Marion Hurel (ndlr membre de lung ta), les copains de Windy Morning à Lacanau. Ils ont ouvert un magasin de CV. A partir de ce moment, J’ai commencé vraiment à en faire, ça fait dix ans. Mais je deviens fainéant, pour monter un truc comme ça et le faire partir… Alors ça va quand les copains sont là. Et puis j’oublie comment ça se monte, mais j’ai mis des repères de couleurs. Je me laisse un peu vivre mais je fais toujours voler. Dans les grandes réunions, j’ai toujours peur des accrochages, des fois je les laisse tomber.

PEM : Vous avez vu beaucoup d’horizons en France à travers les festivals de CV.

MM : Oui, un peu partout en France. Je dit que je dois aller        au Japon mais ce n’est pas encore fait. C’est la petite conviviale qui me plait. Les grandes réunions, comme Dieppe, c’est pour voir du CV. A force on se connaît mais moi je ne suis pas un grand Cerf-voliste. La dernière fois, avec Dédé de Carcassonne (?), on en a fabriqué un sur place, c’est un amusement

PEM : Même si vous faites du CV pour le plaisir, vous faites partie de structures pour développer ou organiser.

MM : Pas vraiment mais même pour le plaisir, on dirait que c’est fait expres, mais on me donne souvent des coupes pour mes réalisations et il m’arrive de dire : donnez ça à quelqu’un d’autre !

PEM : Mais vous êtes membres de plusieurs clubs, non.

MM : Membre du CVCF, ça fait longtemps, c’était le seul. Il n’y avait rien ici. Puis, Roqu’Passion à Roquebrune, avec Joel, Alex, … C’est sympa à St Aygulf. La première fois à Roquebrune sur un stade, il y avait un camionneur du Nord, en panne mais il avait un CV dans son camion. Et puis, Vent d’Azur comme membre d’honneur, Pacavius mais je n’y suis plus, les Aludes avant mais ils ont fermé maintenant et Au gré dou vent. A l’étranger, je fais partie de l’AKA et du CV Belge mais pour leur revue car je n’ai pas vraiment de contacts.

PEM : Une dernière question. Imaginez-vous un jour, ne plus vous intéresser au CV ?

MM : Ah ça non, je ne crois pas. J’ai eu des hauts et des bas comme tout le monde. Mais je cherche toujours pour en faire « un à moi ».

PEM : C’est une sorte de projet ?

MM : Oui, j’ai un peu tout survolé mais sans dépasser les bornes. Les très gros, c’est pour les professionnels, la taille la plus intéressante, c’est 1,80 m : taille humaine parce s’il faut trois ou quatre amis pour y arriver…

PEM : Merci, Michel.

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